Faux étrusque.Le faux étrusque en matière d'art et en pièces archéologiques fut depuis le XIXe siècle la conséquence directe du pillage des tombes qui mit, sur le marché des antiquités, une quantité importante de vestiges étrusques sans certitude de leur provenance et par manque d'éléments formels sur leur civilisation.
Orfèvrerie :L'engouement au XIXe siècle des riches voyageurs du « Grand Tour », pour les parures d'orfèvrerie étrusque, fit naître des bijoux « à l'étrusque », des pastiches, des imitations avouées ou même des faux destinés à tromper les collectionneurs. L'atelier Castellani a ainsi « restauré à l’étrusque » le collier Campana du Louvre, en 1859, en vue de la vente de la collection Campana à Napoléon III.
La plupart des bijoux articulés, soit disant d'origine étrusque, ne sont ne fait que des assemblages par des fils d'or de conception moderne d'éléments antiques prélevés sur des boucles d'oreille.
Casques :Quatre casques en bronze étrusques, conservés à Londres, Budapest, Saint-Pétersbourg et Paris, ceints de couronnes d’or de nature variée (feuilles de lierre, de laurier, d’olivier, celui de l'Ermitage, par trois couronnes, en lierre, en olivier et en myrte) ont été convaincus de « pastiches » après enquête, dans le but d'accroître leur valeur marchande ou leur valeur militaire. L’administrateur de Lucien Bonaparte, Masagni, est probablement l'auteur de exemplaires de Budapest et de Londres.
Sculptures : Pio et Alfonso Ricardi et trois de leurs fils commencèrent leurs faux vestiges étrusques avec le vendeur d'art Domenico Fuschini en fabriquant des poteries antiques, puis, en 1908 avec un chariot de bronze soi-disant découvert dans une tombe étrusque près d'Orvieto. Ils furent missionnés pour le restaurer par le British Museum qui l'acheta et l'intégra à ses collections en 1912.
Les frères Riccardi avec leur complice Domenico Fuschini, convainquirent le sculpteur Alfredo Fioravanti de fabriquer, en 1914, les fameux « Guerriers en terracotta » de 2 mètres de haut et de 360 kg, qu'il vendirent au Metropolitan Museum of Art de New York entre 1915 et 1921 (plusieurs éléments distincts restaurés et rassemblés en 1933 dont une tête colossale qui aurait été issue d'une statue de 7 mètres, exceptés une main gauche et un pouce droit). Il fallut attendre 1960 et l'analyse des composants métalliques (du manganèse inconnu des Étrusques) pour suspecter la supercherie, confirmée par les aveux, le 5 janvier 1961, du sculpteur Alfredo Fioravanti au consulat américain de Rome, qui pour preuve produisit le pouce droit manquant. Le 15 janvier 1961, le MET reconnut la fausseté des pièces qu'il avait défendues comme vraies depuis leur acquisition.
Suivant Le Musée milanais pour la certification de l’authenticité dans l’art, aujourd'hui rebaptisé Museo d’Arte et Scienza : « Les faux objets archéologiques ou les copies en céramique du XIXe siècle se trahissent également par le fait que, en général, ils sont plus grands et plus beaux que les pièces d'origine. Un exemple de faux particulièrement indicatif est l’urne du jeune Étrusque dont l’aspect fort et robuste apparaît telle une représentation idéalisée. »
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